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Remedes naturels : Les huiles essentielles

Il y a quelques temps, j’avais vaguement entendu parler d’aromathérapie, je connaissais quelques huiles essentielles, mais je ne croyais pas vraiment en leurs efficacités, il a fallu que j’attrape une petite grippe pour me rendre compte que ce sont de véritables petits bijoux. Je voulais donc rédiger un petit article pour vous en apprendre un peu plus sur ces petites huiles magiques.

UNE PETITE DÉFINITION :

On appelle “aromathérapie”, l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques, une huile essentielle est une essence volatile extraite d’une plante. Les huiles essentielles ne sont pas présentes dans toutes les plantes, seules les plantes aromatiques en possèdent. Les huiles peuvent être plus ou moins fluides, de densités, de viscosités ou même de couleurs différentes, elles sont volatiles (facilement en état de vapeur) et liposolubles (solubles dans les graisses, les huiles végétales, les crèmes, les beurres, le solubol ou encore le miel…). Les huiles essentielles ne sont pas hydrosolubles (elles ne se mélangent pas à l’eau et possèdent une densité inférieur).

Lorsque vous épluchez une orange, vous sentez de suite une odeur qui s’en dégage, c’est celle de l’essence volatile, qui deviendra de l’huile essentielle après distillation. Ce parfum apportent des odeurs aromatiques agréables, mais aussi des molécules chimiques très puissantes aux propriétés thérapeutiques.

L’huile essentielle est indispensable à la survie de la plante pour la protéger des agressions et des attaques extérieurs.

LES PROPRIÉTÉS DE L’HUILE ESSENTIELLE :

1. L’espèce botanique

On retrouve énormément d’espèces de plantes différentes sur notre planète mais seulement 10% sont des plantes aromatiques. Les plantes aromatiques sont composées de molécules odorantes et volatiles et sont donc capables de produire les huiles essentielles, ce sont dans les feuilles, l’écorce, le fruit, les graines, les fleurs ou encore la racines qu’on retrouve ces différentes molécules.

Toutes ces plantes sont classées par famille, on retrouve par exemple la famille des rutacées qui regroupe les agrumes (citron, orange douce…), les lamiacées (lavandes, menthes…) ou encore les myrtacées (Tea Tree, eucalyptus…). Chaques familles possèdent des spécificités différentes comme notamment au niveau de l’extraction (certaines sont plus difficiles à extraire que d’autres) ou encore du type de plantes.

Une fois les plantes classées dans leur famille botanique, on retrouve des noms presque identiques mais avec des propriétés et toxicités complètement différentes.

La menthe poivrée est complètement différente de la menthe des champs, l’une est antibactérienne, antalgique et antivirale, l’autre est utilisée pour la digestion difficile et les lendemains de soirées.

Le nom botanique complet de la plante est composé du genre et de l’épithète, le genre c’est la menthe et l’épithète c’est ce qui permet d’être plus précis sur la variété et les actions propres, je peux vous citer l’exemple des menthes avec la Menthe “poivrée” ou “Mentha piperita L”, Menthe “des champs” ou “Mentha arvensis L” pour les noms latins de la plante.

2. l’origine géographique

Les plantes aromatiques se développent dans des milieux naturels bien particuliers, participant à la composition aromatique de l’essence. Certaines caractéristiques sont spécifiques à tel pays ou tel région du monde et dépendent par exemple du climat, de l’exposition solaire, des sols ou encore de l’altitude.

La lavande Aspic récoltée en Espagne n’aura pas la même composition biochimique que celle récoltée en France.

3. La spécificité biochimique

Chaque huile est composée de différentes molécules biochimiques appartenant à différentes familles, c’est la prédominance de certaines molécules qui donneront à l’huile ses propriétés et ses risques de toxicité. On appelle chémotype, la carte d’identité biochimique de l’huile essentielle.

Exemple des 3 sortes de Romarin :

  • Romarin à cinéole : Rosmarinus officinalis CT cineoliferum, riche en 1,8 cinéole et originaire du Maroc, il agit sur la sphère broncho-pulmonaire
  • Romarin à camphre : Rosmarinus officinalis CT camphoriferum, riche en camphre  et originaire du sud de la France ou de l’Espagne, il est axé sur les douleurs musculaires.
  • Romarin à Verbénone : Rosmarinus officinalis CT verbenoniferum, riche en verbénone et originaire d’Afrique du Sud, il possède des propriétés hépatiques (foie).

4. L’organe producteur

La composition biochimique de l’huile différera en fonction du stade végétatif de la plante ou de la partie que l’on utilise (fleurs, zestes, fruits, plante entière ou encore l’écorce…).

L’orange par exemple possède plusieurs huiles, l’huile essentielle de Néroli avec sa fleur (neurotonique et antidépressive), l’huile essentielle de Petit Grain Bigaradier avec ses feuilles et ses fruits naissants (antispasmodique) et l’huile d’Orange Douce avec son zeste (calmante et relaxante).

POURQUOI CA MARCHE ?

Pour faire très simple et surtout sans rentrer dans les principes de physiologie, les huiles sont constituées de molécules fines qui pénètrent très vite dans l’organisme, par voie orale et cutanée, les huiles ne mettent que quelques minutes à passer dans le sang et les principes actifs se dirigent rapidement vers les organes ciblés, par inhalation, ce sont les molécules volatiles qui atteignent rapidement le système respiratoire. Les huiles sont dotées d’une grande facilité de pénétration dans l’organisme et donc d’une grande rapidité d’action. Certaines molécules vont tuer les bactéries et les virus, d’autres les empêcher de se reproduire etc…

COMMENT SONT ELLES EXTRAITES ?

Il existe différents processus utilisés en fonction des différentes variétés de plantes et de la fragilité des organes producteurs (feuilles, fleurs, écorces…) dont on souhaite en extraire l’huile.

Les deux plus utilisés sont :

  • Distillation : Méthode la plus courante car elle convient à un grand nombre de végétaux. L’organe producteur est placé dans de l’eau chaude ou exposé à de la vapeur bouillante, permettant de libérer son huile essentielle. L’huile se volatilise et récupérée après être refroidie par l’alambic.
  • Expression : Méthode qui consiste à presser mécaniquement la partie de la plante utilisée pour récupérer son essence (exemple des agrumes avec leurs zestes).

DANS QUELS DOMAINES ONT LES UTILISENT ?

  • Propriétés thérapeutiques : Les huiles sont donc en fonction de leur composition, antiviral, antibactérienne, immuno-stimulante, anti-inflammatoire, antifongique, calmante, expectorante, antistress et j’en passe…
  • Répulsives : Elles éloignent les insectes, anti-moustiques, anti-mouches, anti-mites…
  • Elles parfument et assainissent l’air : Parfait lorsqu’il y a quelqu’un de malade dans la maison ou pour enlever l’odeur des poubelles, elles parfument agréablement bien notre intérieur et purifient l’air…
  • En cuisine : Elles sont idéales pour cuisiner et assaisonner nos petits plats (ex: Estragon).
  • Cosmétiques : Elles sont bien utilisées dans le domaine de la beauté, pour les problèmes de peaux ou encore en anti-rides…
  • Ménage : Elles sont très intéressantes pour nettoyer votre intérieur sans produits chimiques.

COMMENT CHOISIR UNE HUILE ESSENTIELLE DE QUALITÉ :

Plusieurs inscriptions attestant de la qualité de l’huile doivent figurer sur l’emballage :

  • Nom botanique complet : Dans un premier temps, il est indispensable de connaitre le nom botanique complet de la plante en latin pour éviter de nombreuses confusions.
  • Le lieu : Le lieu de culture de la plante doit être indiqué car elles n’auront pas les mêmes propriétés selon l’origine géographique.
  • Le mode de culture : Il faut s’assurer que l’huile ne contienne pas de pesticides et qu’elle soit de préférence labellisée “agriculture biologique”, l’huile essentielle doit être 100% naturelle.
  • Le chémotype : Il faut également s’assurer de la composition biochimique de l’huile, normalement, l’étiquette doit mentionner deux ou trois composants majeurs.
  • L’organe producteur : La partie de la plante que l’on distille doit être indiquée car la composition biochimique sera différente d’une partie à l’autre.
  • Le conditionnement : Faire attention au conditionnement de l’huile essentielle, elle doit être vendue dans un flacon ambré pour garder toutes ses qualités et il faut faire également attention à la date de péremption.
  • La traçabilité : Vous trouverez un numéro de lot sur le flacon qui permet de retracer l’histoire de l’huile dans le laboratoire.

LES VOIES D’ADMINISTRATIONS :

Il existe de nombreuses voies d’administration, le but est d’obtenir un maximum d’efficacité avec un minimum d’effets secondaires. Quelque soit la voie utilisée, les huiles essentielles pénètrent dans notre corps pour rejoindre la circulation sanguine.

  • Voie olfactive : Cette voie est très pratique à mettre en place et surtout très intéressante car notre nez est une machine efficace pour soigner, les odeurs ont un impact puissant sur le système émotionnel. On utilise le diffuseur et l’inhalation (sèche ou humide).
  • Voie interne : La voie orale est principalement utilisée pour traiter les infections internes ou encore les troubles du métabolisme, les huiles sont posées directement sur la langue ou sur une cuillère à café de miel, d’huile végétale ou sur un comprimé neutre… Des gélules peuvent être mises en place en pharmacie ou encore des suppositoires pour la voie rectale et des ovules pour la voie vaginale.
  • Voie cutanée : C’est une voie très efficace et bien tolérée si l’on respecte quelques précautions, on l’utilise en massage, en application local ou en compresse (chaude et froide).

Toutes les huiles ne s’utilisent pas dans les trois voies.

LES PRÉCAUTIONS D’EMPLOI :

Et oui, bien que les huiles essentielles soient naturelles, elles ne sont pas du tout inoffensives, il est donc important de connaitre la toxicité des huiles que vous voulez utiliser.

Voici une liste d’effets secondaires et de toxicités que l’on peut rencontrer :

  • Dermocausticité :  Irritantes pour la peau et les muqueuses (certaines huiles sont interdites en application cutanée).
  • Photosensibilisation : Elle entraîne des réactions érythémateuses avec l’exposition solaire.
  • Allergies : Certaines huiles peuvent provoquer des réactions allergiques d’où l’importance de faire un test au creux du coude avant application.
  • Nephrotoxicité, Hépatotoxicité, Neurotoxicité ou encore Abortive : Les huiles peuvent sur de longues périodes enflammer et détériorer les reins, être toxique pour le foie, un poison pour le système nerveux ou encore entraîner l’avortement de la femme enceinte (de nombreuses huiles sont interdites chez les bébés, femmes enceintes, personnes âgées et épileptiques).

Attention de bien lire les précautions d’emploi et les publics concernés par l’utilisation de l’huile essentielle avant de l’utiliser. Si vous avez un doute, demandez l’avis à un médecin ou pharmacien. Pensez également à ne pas laisser vos huiles à la portée des enfants et des animaux.

ON TERMINE AVEC UN PEU D’HISTOIRE :

Les plantes aromatiques sont utilisées depuis des millénaires dans le monde entier.

Leurs utilisations ont commencé il y a environ 40 000 ans en Australie, où les aborigènes les utilisaient sous forme d’infusions et de décoctions pour s’adapter aux très dures conditions de vie, ils utilisaient les feuilles de Melaleuca alternifolia (Tea Tree), très célèbre de nos jours en huile essentielle.

En Egypte (4500 avant JC), on retrouve également des traces de l’utilisation de plantes médicinales dans les papyrus, c’est la civilisation qui est considérée comme créatrice des huiles essentielles, utilisées en médecine, en parfumerie, en cosmétique ou encore pour embaumer les corps. Les égyptiens les utilisaient beaucoup localement (baumes et pommades) mais également oralement en tisane ou pure. Lors de l’embaumement des corps, les égyptiens faisaient macérer les bandelettes dans les huiles essentielles avant de recouvrir les corps et donc de les conserver. La civilisation égyptienne a beaucoup influencé les autres civilisations dans l’utilisation des huiles essentielles notamment dans le domaine médical (Grèce, Bassin méditerranéen…).

Pour l’anecdote, lorsque les archéologues découvrent les tombeaux des pharaons en Egypte, ils ont capté l’odeur intacte d’huiles essentielles contenues dans des vases, vielles de plus de 3000 ans.

Au Moyen Âge, les plantes médicinales et les huiles essentielles étaient très peu utilisées car beaucoup de personnes pensaient que c’étaient des produits maléfiques, utilisés par les sorcières. Les huiles tombent dans l’oubli, l’Europe connait un retour à la barbarie et donc un déclin général du savoir.

Lors de la Renaissance en Europe, on retrouve une petite histoire célèbre, qui fut une belle prise de conscience des vertus thérapeutiques des huiles essentielles :

A Toulouse, en 1628, lors de l’épidémie de peste, quatre voleurs apparemment immunisés contre l’épidémie, détroussaient les victimes mourantes, dévalisaient les tombes et les maisons sans être eux-mêmes contaminés. Après quelques années de cambriolages, les voleurs furent arrêtés et condamnés à la pendaison, pour éviter cette peine, ils révélèrent leur secret pour avoir la vie sauve.

Les récits historiques mentionnent dans la recette de cette potion, un vinaigre mélangé à une macération de plantes (on retrouve la menthe poivrée, le clou de girofle, l’absinthe et encore la cannelle), les voleurs s’enduisaient simplement le corps entier de cette potion qui les gardait à l’abri de la contagion. Les voleurs l’avaient tiré d’une recette inventée par les franciscains. Aujourd’hui le remède s’appelle le vinaigre des quatre voleurs et est utilisé pour assainir l’air, désinfecter les surfaces et éliminer les bactéries et virus (nettoyage et désinfection des surfaces, assainir l’air et booster le système immunitaire en période de rhume ou de grippe).

Après une période beaucoup moins propices aux découvertes, il va falloir attendre le XX eme siècle pour redécouvrir les bienfaits des huiles essentielles avec le célèbre accident de René Maurice Gattefossé, père fondateur de l’aromathérapie.

Gattefossé est un chercheur Lyonnais travaillant à la base dans la parfumerie. Le 25 Juillet 1910, Gattefossé se brûla gravement la main lors d’une explosion dans son laboratoire, il plongea sur le champ, sa main dans un vase rempli d’huile essentielle de lavande, une guérison ultra rapide, sans infection, ni trace cicatricielle s’ensuivit. A la suite de cet accident, il s’intéressera au pouvoir des huiles essentielles, autre que dans le domaine de la parfumerie. En 1931, il publie son ouvrage nommé “aromathérapie” décrivant les composants aromatiques des huiles et montrant leur efficacité dans le domaine médical, c’est la première fois que le terme aromathérapie fût cité.

Les recherchent de Gattefossé n’ont pas eu un grand succès (concurrence avec les laboratoires), il a fallu attendre l’arrivée de Jean Valnet qui vulgarisa l’extraordinaire puissance curative des huiles essentielles, suscitant l’intérêt du grand public grâce à son livre. Les grandes écoles et les scientifiques commencèrent donc à s’intéresser à l’efficacité de ces huiles et découvrir même que les huiles essentielles ne sont pas que des corps simples mais bien des assemblages de molécules diverses avec des propriétés particulières et efficaces.

Aujourd’hui, on revient de plus en plus aux méthodes naturelles en médecine complémentaire, on peut vraiment dire que la nature nous offre de nombreuses réserves de remèdes capables de soulager efficacement et même de traiter certains maux (en complément d’un traitement médical). Les huiles essentielles nous ont toujours surpris et surtout n’auront jamais finis de le faire!!

Et vous est ce que vous connaissez et utilisez ces petites huiles??

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1 Comment

  • Reply
    Les Remèdes Naturels : la Phytothérapie – Make Me Athletic
    5 septembre 2018 at 15 h 53 min

    […] Pour en savoir plus sur les huiles essentielles, rendez vous sur l’article du blog : Les huiles essentielles […]

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